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12 juillet 2011

Les mémoires de la Seconde Guerre mondiale (2/3)

II - 1947 – fin des années 60 : les conflits de mémoire


A la libération et surtout à partir de 1947, les défenseurs de Pétain diffusent l’idée d’un double jeu de Vichy et celle de la double nécessité du « bouclier » Pétain et de l’ «épée De Gaulle ». Des responsables du régime de Vichy ont eu des peines limitées en raison de la nécessité d’assurer la continuité de l’Etat face au défi de la reconstruction. Les élites administratives ayant travaillé pour le régime de Vichy ne pouvait être entièrement renouvelées. Le mythe de Pétain est toutefois entretenu seulement par une minorité. La dénonciation de certains excès de l’épuration et le vote des lois d’amnistie concernant les faits de collaboration de 1951 – 1953 provoquent des querelles politiques. Ces lois mettent fin à l’épuration mais "les mémoires sont désormais déchirées".
L’Historien Henry Rousso parle d’un syndrome de Vichy. "De l’amnistie à l’amnésie, une mémoire vichyssoise discrète s’affirme". Les lois d’amnistie mettent fin à la période du deuil et inaugurent une période de refoulement du passé qui va se perpétuer jusqu'à la fin des années 60.


Discours de Malraux en 1964 lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon

En 1964, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, Malraux identifie De Gaulle et Moulin à la résistance. Moulin qui  incarne le résistancialisme représente à lui seul le combat pour la liberté, le martyre de tout un peuple et le sens du sacrifice. Les résistants communistes sont occultés par le discours de Malraux.


De La bataille du rail de René Clément en 1946 à L’armée des ombres de Jean Pierre Melville en 1969, le cinéma concourt à la glorification de la résistance. En revanche, en 1956, la commission de censure impose de retirer de Nuit et brouillard l’image d’un policier français devant le camp de Pithiviers. Par ailleurs, le succès de La grande vadrouille en 1966 témoigne de la banalisation des souvenirs de la guerre.

René Clément, La bataille du rail, 1946.


Jean-Pierre Melville, L'armée des ombres, 1969.

Alain Resnais, Nuit et Brouillard, 1955.


Gérard Oury ,La grande vadrouille, 1966

Dans les années 50, après l’épuration, les souvenirs liés à Vichy sont peu à peu refoulés. La construction européenne et la réconciliation franco-allemande accentuent ce phénomène.
Jusque dans les années 70, le poids du régime de Vichy a été sous-évalué au profit du mythe d’une France unanimement résistante, rassemblée derrière le général De Gaulle.
Ainsi, le retour de la droite au pouvoir, le mythe de Pétain et la légende du bouclier ainsi que le triomphe de la mémoire gaulliste consacrent l'hégémonie résistancialiste.


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